Rencontre avec l’une des voix les plus prometteuses de la scène R&B Pop britannique, tout droit venue d’East London, Äyanna revient sur son parcours, sa signature dans le label basé à Atlanta LVRN, ses inspirations et ses 2 projets In A Perfect World et About A Boy.

Hello Äyanna !

Salut, merci pour cette interview.

Merci d’être là ! Comment tu vas ?

Très bien, merci. Le temps est magnifique aujourd’hui, même s’il fait vraiment chaud !

Pareil ici ! Alors, commençons : pour ceux qui ne te connaissent pas encore, qui est Äyanna ?

Je viens de l’Est de Londres, mais je suis née en Jamaïque. J’ai grandi ici et j’y ai toujours vécu. J’ai commencé à chanter à l’âge de quatre ans – donc bien avant d’en faire un choix conscient. Ça a toujours été naturel pour moi. Plus tard, j’ai fait beaucoup de théâtre et d’arts de la scène pendant mon adolescence, puis je me suis inscrite à l’université pour faire du droit et de l’espagnol. Mais au bout d’un an, j’ai tout arrêté pour me consacrer entièrement à la musique. Et je n’ai jamais regretté.

Je t’ai découverte avec Party Tricks. Comment penses-tu avoir évolué depuis ce titre ?

Je pense que j’ai énormément progressé techniquement. J’ai appris la théorie musicale, l’écriture, et surtout j’ai grandi en tant que personne. Mes expériences m’ont donné une vision différente et ça se reflète dans ma musique.

Tu viens de Londres, mais tu as été signée chez LVRN, un label basé à Atlanta. Cela a-t-il eu un impact sur ton son ?

Oui, forcément. Être signée sur un label américain m’a exposée à d’autres sonorités – le R&B américain, le hip-hop, mais aussi la montée des Afrobeats et même de l’Amapiano. Ça a élargi ma palette musicale et ma vision.

Tu mélanges très bien les genres. Y en a-t-il un que tu n’as pas encore exploré et que tu aimerais tester ?

Je ne me limite pas vraiment aux genres, je choisis surtout les sons qui servent le mieux le message que je veux transmettre. Mais j’adore la pop électronique des années 90, la dark pop, le synth-pop, la musique alternative… et même des choses plus anciennes comme la musique des années 50 et 70 avec des harmonies complexes. En ce moment, j’écoute beaucoup de Marilyn Monroe, Audrey Hepburn et des vieux standards bluesy.

Tu as coécrit Hide and Seek pour Stormzy. Comment c’est arrivé ?

C’est grâce à PRGRSHN, un producteur que je connais depuis longtemps. Il m’a appelée pour poser des voix sur une démo, puis quelques mois plus tard, il m’a demandé d’écrire une partie et de l’enregistrer pour de vrai. Je n’étais censée être que sur la démo, donc quand j’ai appris que ça sortait officiellement, j’étais hyper honorée !

Écrire pour toi et pour les autres, c’est différent ?

Oui, un peu. Mais j’essaie de garder la même authenticité. Que ce soit pour moi ou quelqu’un d’autre, ça doit venir du même endroit.

Parlons de ta voix incroyable. Qui t’a le plus influencée ?

Whitney Houston pour la puissance, Mariah Carey pour la liberté vocale, Brandy pour l’agilité et les harmonies, et Beyoncé parce qu’elle incarne tout ça avec une précision incroyable.

Es-tu satisfaite de ta voix aujourd’hui ?

Pas encore totalement. Une voix, c’est un instrument biologique, donc ça varie. Je veux atteindre un niveau de maîtrise où je peux tout contrôler, tout en restant expressive.

Tes origines jamaïcaines, ont-elles une influence sur ta musique ?

Oui, la musique jamaïcaine est très spirituelle. Ça m’a appris que la technique ne vaut rien sans émotion et sans vérité.

Tu as fait la première partie de Tems. Comment tu as vécu ça ?

C’était une opportunité incroyable, même si tout est arrivé très vite. Rencontrer Tems m’a inspirée. Elle prouve que c’est possible.

Ton meilleur souvenir sur scène ?

Mon premier concert en tête d’affiche en février dernier. La salle était pleine et les gens chantaient mes paroles. J’étais bouleversée.

Parlons de tes EPs : In a Perfect World et About a Boy.

Le premier, In a Perfect World, est arrivé peu après mon contrat. J’étais dans l’excitation et la découverte. Le titre reflète mon côté idéaliste. About a Boy, c’est différent. Le titre est venu avant la fin du projet. C’est sur mes idéaux amoureux. La pochette prise dans ma chambre symbolise ce côté intime.

ZOOM sur quelques morceaux :

  • Don’t Tell Me You Love Me : « C’est l’histoire d’un amour où tu sais que tu n’es pas le premier choix. Donc, ne mens pas. J’aime le contraste entre le texte triste et la prod enjouée.« 
  • Prayers : « Je l’ai écrite à la fin du projet. C’est une prière pour ne jamais épouser un homme infidèle. Ce n’est pas mon vécu, mais une peur que j’avais.« 
  • Be A Man : « C’est une réflexion sur la responsabilité dans les relations, inspirée de mes conversations avec mes amies. Musicalement, je voulais un R&B old school avec une touche moderne.« 

Tu as collaboré avec Tamera et Mnelia sur le remix de Girlfriend. Avec qui d’autre tu rêves de bosser ?

Mahalia, sans hésiter. Quand ce sera le bon moment, ce sera incroyable.

Et pour la suite ?

De la musique, beaucoup de musique ! Et j’adorerais jouer en France.

À travers ses deux EPs et ses récentes collaborations, Äyanna affirme un univers riche et en constante évolution. Entre R&B old school, inspirations jamaïcaines et explorations pop, elle façonne une identité musicale qui lui ressemble : sincère, éclectique et profondément humaine.