D’après Le Monde, les festivals ont augmenté leur prix de 60% en 10 ans. Pourtant, l’Institut national de la statistique et des études économiques affiche pour ces mêmes années, une inflation de 19,8%. Alors comment expliquer cette hausse touchant le domaine artistique ?  D’autant plus que les organisations voient leurs bénéfices chuter.

En 2010, il était possible d’assister au Hellfest en déboursant 99€ pour 3 jours. Mais en 2025, comptez en 135 pour une journée. Et cette hausse touche une grande majorité des festivals pop, rock, électro et rap. En 10 ans, les prix ont augmenté de 60%.

Organisations

Avec le Covid-19, les métiers du spectacle ont pris un coup. Le confinement les a empêché d’exercer, et à donc entrainé des difficultés financières. Les prix de la production technique ont alors doublé. De plus, les assurances, qui protègent notamment des risques météorologiques ont aussi dû augmenter leurs tarifs.

L’industrie de la musique joue aussi. Les streams et ventes ne suffisent pas aux artistes, et se voient demander de plus gros cachets. Selon le SNEP, le chiffre d’affaires de la musique enregistrée en France est passé d’environ 1,4 milliard d’euros en 2002, à 600 millions en 2019. Alors pour les festivals, on peut compter des prix comme 1 million d’Euro pour des têtes d’affiches, ce qui restait inimaginable quelques années plus tôt.

Les gains des organisateurs n’augmentent alors pas du tout. Selon une enquête du Centre National de la musique menée sur 85 festivals, deux tiers affirment une baisse des gains. 33% d’entre eux expliquent même avoir un résultat négatif. Mais pour garantir de prochaines éditions, il faut faire un minimum de bénéfice.

Le Syndicat des musiques actuelles (SMA) déclare que les subventions de l’état destinées à la culture ont baissé. Pourtant, les festivals ont pour base un but populaire, permettant d’étendre la culture et le renforcement des territoires.

Bénévolat

Julien Audemard, maître de conférences en sciences politiques à l’université de Montpelier constate une « Festivalisation de la culture ». Pour lui, ces évènements sont une forme d’offre culturelle facile à mettre en place, grâce à leur flexibilité et adaptation aux territoires.

Les bénévoles représentent en moyenne 60% de l’organisation, donc des coûts en moins. Blanche en faisait partie lors de la première édition de Yardland en 2024 ; « Ce qui m’a poussé à m’inscrire, c’est l’enthousiasme pour l’évènement, mais aussi le fait de pouvoir y aller gratuitement. »

Cette année, pour la deuxième édition, les candidatures bénévoles avaient atteint le maximum en quelques heures. Blanche affirme que « le choix d’être bénévole, tu le fais beaucoup plus vite que celui d’acheter un billet ». Une potentielle solution, afin d’assurer le bon fonctionnement de l’événement, tout en pouvant en profiter.In

Inès V