Alors commençons par les bases. Parle-nous un peu de ton parcours, d’où tu viens, comment, quand et pourquoi tu as commencé à faire de la musique ?

Oui, oui. Je m’appelle Jordyn Simone. Je viens de Los Angeles, en Californie. J’ai commencé la musique… eh bien, je dirais que j’ai commencé comme chanteuse parce que mon père était chanteur de gospel et j’étais très proche de lui. Je voulais lui ressembler et je voulais chanter. Ma passion a donc vraiment commencé à l’église. À partir de là, je me suis un peu diversifiée et j’ai décidé d’aller dans un lycée des arts du spectacle, qui était, je dirais, l’équivalent du film Fame, tu connais ? C’est un film très populaire. Eh bien, mon expérience au lycée ressemblait un peu à ça. J’ai étudié le jazz tout au long du lycée.

Ensuite, à l’université, je suis allée à USC et j’étais dans le programme de musique tout en ayant une double spécialisation en business musical. La musique a donc toujours été une partie importante de mon parcours dès mon plus jeune âge.

Quand j’étais à USC, j’ai réalisé que je devais vraiment me concentrer sur ma propre narration et pas seulement sur mes capacités de chanteuse. Je voulais apprendre à transformer mes paroles en quelque chose de puissant et impactant. Je voulais être un miroir pour les gens, pour qu’ils se reconnaissent dans ma musique et trouvent une forte connexion avec mes textes.

C’est vraiment pendant ma première et ma deuxième année d’université que j’ai commencé à définir mon son et à comprendre comment l’exécuter au mieux en tant qu’auteure-compositrice. Depuis, je fais mon chemin en tant qu’artiste indépendante depuis environ quatre ans maintenant. C’est super excitant. Je travaille avec Megan, ma fantastique manager. Nous faisons plein de concerts. Nous avons sorti un projet en mars de cette année qui a déjà dépassé le million de streams sur toutes les plateformes. Et nous avons de nouveaux morceaux qui vont sortir à la fin de l’été ou au début de l’automne. On garde le rythme !

Tu as grandi dans une famille très musicale ? Quelle est la première chanson que tu as découverte par toi-même et non grâce à tes parents ?

J’étais un peu une enfant bizarre au collège, je ne sais pas ce qui m’est arrivé, mais je me suis plongée très tôt dans le neo-soul. Tout le monde écoutait les hits radio et moi j’étais sur la radio Pandora de John Legend. Pour moi, c’était la base de mon intérêt personnel pour la musique. Depuis, ça s’est élargi, mais on peut clairement entendre cette influence dans ma musique actuelle, qui est beaucoup plus R&B et un peu plus énergique. Comme dirait Megan, c’est du “neo-soul joyeux”.

Si je devais choisir une chanson… en fait, ce serait plutôt un album : Who Is Jill Scott. Je connais ce projet par cœur, et il a vraiment influencé ma compréhension et mon amour pour le genre.

Tu as participé à American Idol et à The Voice. Comment penses-tu avoir évolué en tant qu’artiste depuis ces deux émissions ?

Comme le jour et la nuit. Ces émissions sont vraiment axées sur les chanteurs. À l’époque, c’était un excellent tremplin pour apprendre à performer, comprendre la présence sur scène, et tout ça. Cela m’a énormément aidée. Je suis très confiante dans ma capacité à captiver le public et à lui montrer un peu de lui-même sur scène.

Mais je ne dirais pas que ces émissions permettent vraiment de se définir en tant qu’artiste. Après les émissions, j’ai commencé à me voir comme artiste, pas seulement comme chanteuse.

JORDYN SIMONE

Tu écris tes propres chansons. Qu’est-ce qui t’a inspirée à commencer à écrire ?

J’ai vraiment commencé à écrire pendant le COVID. L’industrie était à l’arrêt, donc je ne pouvais pas faire ce que je faisais toujours : performer. J’avais l’habitude de me produire partout, dans n’importe quel bar ou show et j’ai beaucoup appris de ces expériences. Quand tout s’est arrêté, j’ai dû explorer d’autres aspects de mon art.

Je me suis lancée un défi : écrire une chanson par jour pendant 50 jours. Ce n’était pas forcément une chanson complète, juste un brouillon, un couplet, un pré-refrain… chaque jour. Ça m’a vraiment aidée à développer mon muscle de composition, à dépasser la peur de dire quelque chose de stupide et à réaliser que j’avais une perspective unique et que j’étais capable dans ce domaine. Depuis, j’écris constamment, seule ou en co-écriture, pour moi ou pour d’autres.

Y a-t-il une chanson que tu adores et que tu aurais aimé avoir écrite ?

C’est une très bonne question ! Il y en a quelques-unes. Par exemple, un morceau de Victoria Monet, On My Mama, que je trouve génial du début à la fin. J’adore l’idée de sampler un morceau de hip-hop pour le transformer en R&B, ce qu’on voit rarement.

Je dirais aussi le projet B’Day de Beyoncé. J’aurais aimé écrire et chanter tout l’album. C’est une œuvre d’art… Greenlight, Kitty Kat, Freakum Dress, j’adore tout le projet.

Tu chantes incroyablement bien. Quels artistes as-tu vraiment étudiés pour créer ton propre style vocal, et quels éléments as-tu pris de chacun d’entre eux, comme des runs, des harmonies, le timbre, des choses comme ça ?

Du point de vue du timbre, Jazmine Sullivan a toujours été un peu… ma référence. Je ne peux pas vraiment expliquer un timbre comme le sien. Il y a tellement de texture naturelle, et je n’ai même pas encore atteint ce niveau de texture. Je pense que ça vient avec un certain degré de maturité vocale que j’ai hâte d’atteindre. Mais Jazmine a cette capacité à transmettre chaque émotion de façon déchirante. Que ce soit dans ses morceaux joyeux comme Lions Tigers and Bears ou dans des morceaux plus tristes comme Lost Ones, sa voix a une essence tonale qu’on ne peut pas vraiment décrire. J’ai vraiment étudié sa voix et toute sa discographie pour ça.

Du point de vue des harmonies, je dirais Beyoncé. J’ai regardé beaucoup de BTS (behind the scenes) en studio, des clips où elle crée ses projets, et voir comment elle construit ses idées vocales est un art en soi. Donc j’attribue ma compréhension des harmonies complexes et riches à Beyoncé.

Quelle est la chanson la plus difficile que tu aies jamais enregistrée ou interprétée vocalement ?

J’ai été élevée comme une “belter” naturelle, donc adopter un style plus doux, plus aérien, avec la voix de tête, c’est vraiment difficile pour moi, parce que je n’ai pas grandi comme ça. Les chansons qui ont le mieux marché pour moi sont en fait celles où je suis douce, intime et vulnérable, ce que beaucoup considéreraient comme plus “facile”. Mais c’était très difficile à enregistrer. Par exemple, I Do… le passage doux, presque chuchoté, était complètement nouveau pour moi, c’était un territoire inconnu. Cela demandait un contrôle incroyable.

Pour Hold Me, c’était un peu plus facile car j’avais écrit la chanson avec ma voix en tête. Pour I Do, il y avait deux autres auteurs avec moi, et nous devions trouver ensemble les meilleurs couplets, pré-refrains et refrains. C’était un vrai challenge, mais ça en valait la peine.

J’adore ton projet No Demo Left Unheard. Peux-tu nous en parler un peu ?

No Demo Left Unheard est un hommage à moi-même en tant que créative, pour ne pas être trop restrictive avec l’art que je publie. Mon objectif à long terme est de devenir une superstar, de remplir des stades, de jouer au Madison Square Garden ou au Staples Center. Mais je voulais aussi créer de la musique qui me nourrit en tant qu’artiste et créative, sans attendre que tout soit “parfait” ou “digne d’un stade”.

Ces projets incarnent donc la musique pour l’âme, pour le cœur. Ce sont des morceaux proches de moi, qui racontent mon parcours créatif. J’espère que cette série inspirera d’autres artistes à ne pas trop retenir leur art.

Et ton projet récent Remember When ?

Remember When était un projet passionnant et difficile à créer. Au départ, ça devait juste être fun, mais c’est devenu beaucoup plus que ça. Nous voulions raconter l’histoire complète d’une relation : du début, avec les papillons et la passion, jusqu’à l’engagement. Chaque chanson explore une phase différente. Nous avons été très intentionnelles dans le choix des autres artistes masculins pour raconter ce point de vue homme-femme de façon précise et « relatable ».

C’était un projet difficile à finaliser avec tant de collaborateurs et de featuring, mais il m’a rendue meilleure collaboratrice. J’adore l’énergie des autres créatifs, c’est ce que j’aime dans ce processus.

Focus sur quelques morceaux :

  • Our Crime : «  parle d’un homme et d’une relation secrète. C’était excitant et séduisant de garder cette dynamique cachée. »
  • What We On : « parle d’un déséquilibre de pouvoir dans une relation, particulièrement pour un artiste dont la carrière est très exposée. »
  • Spin « est léger, fun et un peu idiot, inspiré de notre énergie avec Reggie Becton, mon ami proche. »
  • Static : « s’inspire de D’Angelo et voulait mettre en valeur le magnifique registre de tête de Germaine. »
  • I DO : «  la chanson la plus difficile du projet, mais ma préférée. Il y a tellement de changements d’accords, des harmonies complexes, beaucoup de détails en arrière-plan. C’est un hommage à l’ancienne génération de R&B et ça incarne le type de relation que je désire. »

Vous avez fait un remix de The Boy Is Mine. Comment cette idée vous est-elle venue et est-ce qu’on peut espérer une sortie officielle du remix ?

C’est né d’une série que je fais avec Isaiah Jayy, ‘Singing With Friends’. On invite un troisième chanteur qu’on admire, on a rencontré Justine de cette façon, et son manager a proposé qu’on fasse une version de The Boy Is Mine. On a attendu le moment parfait pour poster, et ça a coïncidé avec l’annonce de la tournée de Brandy et Monica. C’était parfait ! Si les gens veulent vraiment qu’il sorte officiellement, je pourrais envisager une version complète.

Quel est le dernier artiste que tu as découvert et qui t’a impressionnée ?

Je suis une fille TikTok, donc je découvre beaucoup là-bas. La dernière découverte : Praise McNeely. C’est un croisement intéressant entre indie et rap, avec un peu de swag hip-hop et des influences de Jordan Ward. C’est rare de voir un homme noir dans cet espace très dominé par des femmes blanches, et je trouve ça très frais et nouveau.

Et pour la suite, qu’est-ce qu’on peut attendre de toi ?

Nous avons une chanson qui sortira en septembre dans le prochain No Demo Left Unheard, volume 2. L’album complet avec deux autres chansons sortira en octobre. Ensuite, beaucoup de shows, potentiellement du merch, et tout pour préparer un 2026 intense et enflammé.

Merci à toi Jordyn, c’est la fin de cette interview, j’espère que tu as autant apprécié cette conversation que moi !

Je veux aussi vraiment te dire merci. C’est l’une de mes interviews préférées que j’ai eues !

Vous pouvez retrouver son tout nouveau single TMWTD ici