Le compositeur et dramaturge libanais Ziad Rahbani est décédé d’une crise cardiaque à l’âge de 69 ans. Il est le fils de la chanteuse Fairuz, avec qui il a collaboré. Ses pièces ont eu un fort impact politique pour la jeunesse.

Les foules étaient présentes pour rendre hommage à Ziad Rahbani. Le compositeur, dramaturge et pianiste libanais est décédé le 26 juillet d’une crise cardiaque. Deux jours plus tard, un immense cortège l’accompagne de l’hôpital Khoury, avant de rejoindre Bikfaya en passant par Antelias, sa ville natale.
Entre fleurs blanches, chants et pleurs il laisse un vide dans le cœur des Libanais. Plus qu’un artiste, il a mis en lumière la souffrance de la jeunesse, entre révolution et divisions. Sa mère, Fairuz, a unit les communautés libanaises et arabes grâce a sa musique. Elle a demandé à se recueillir seule dans l’église, avant de recevoir les condoléances des proches.
Renouveau Musical
En 1973, alors qu’il n’a que 17 ans, Ziad Rahbani compose le titre Saalouny El Nas pour Fairuz. En quelques semaines, la chanson devient incontournable.
Sur le long terme, il va révolutionner la musique arabe en ajoutant une touche de modernité. En 1979, sort Wahdon de Fairuz. Il arrive avec un style plus minimaliste, à l’instar de son père, l’auteur-compositeur Assy Rahbani, qui utilise des orchestres. Il ajoute à cela des arrangement jazz.
Pièces politiques et censure
Son impact dans la musique n’est qu’une partie de sa vie. Ziad Rahbani était aussi dramaturge. A 17 ans, il dévoile sa première pièce de théâtre, Shariyé. C’est une satire de la société, sur un ton humoristique. Mais dès son plus jeune âge, il annonce la couleur. Sa carrière est politique.
Il adhère au parti communiste libanais. Il dénonce les milices chrétiennes, le nationalisme et la bourgeoisie. Dans ses pièces, il illustre un Liban divisé, et met en avant la souffrance et la quête de paix de toute une jeunesse.
Au fur et à mesure, il va dénoncer cette division du peuple. Il s’isole, et entre 1990 et 2000, sont dévoilées les pièces Bikhousous al Karamah et Lawla Foushat el Amal. Les médias le mettent de côté, mais son art est indispensable. La jeunesse se sent représentée à travers.
Deux de ses pièces vont être censurées pour atteinte au prestige des institutions ; Bennesbeh la Bokra Chou ? et Bikhousous al Karameh. Il refusera de recevoir les subventions du ministère de la culture et restera fidèle a ses idéologies.
Tout comme sa mère, Ziad Rahbani unit les communautés du Liban dans les périodes de crise et conflits. Il a aidé les jeunes à se sentir moins seuls en portant leur voix. Dans le cortège accompagnant son cercueil, toutes confessions étaient présentes pour rendre hommage à l’Homme qui a su réunir les Libanais.
Inès V




