À Londres, dans le nord-ouest de la ville, Natanya trace son chemin musical, elle baigne dans la musique depuis toujours. « J’ai commencé le piano à quatre ans, entre classique et jazz, et j’ai commencé à vraiment composer à 16 ans », confie-t-elle. Aujourd’hui âgée de 22 ans, Natanya a déjà un parcours riche.
« La musique a toujours été intégrée dans le tissu de ma vie. »
C’est avec Like U que je l’avais découverte, mais depuis, son univers a considérablement évolué.
« Like U est très éloigné de ce que représente Feline’s Return aujourd’hui. J’ai appris énormément sur l’écriture de chansons et la production, tout en gardant cette étincelle que je voulais transmettre dès le départ. »
Possédant l’oreille absolue, elle explique : « Cela m’aide à avoir une précision précieuse en studio. Quand j’entends des mélodies dans ma tête, je peux les reproduire immédiatement. Mais parfois, il faut résoudre des changements de tonalité comme une équation. C’est un don, mais aussi un défi. »

Après des années de travail dans l’ombre, Natanya commence à recevoir la reconnaissance de ses pairs, parmi eux notamment Doechii, Destin Conrad, Janet Jackson ou encore Ravyn Lenae : « C’est un sentiment incroyable. Quand les gens remarquent ton travail, ça apporte à la fois un sentiment de revanche et de validation mais ça peut aussi être très intense de penser à tous les gens qui regardent dans ta direction soudainement. » Elle ajoute : « Cela me donne confiance pour continuer et inspirer les autres. » Mais la pression est toujours là : « Quand tu écris, tu imagines un public qui va juger chaque note. C’est la malédiction de l’artiste : il faut continuer à projeter la voix que tu as toujours eue. »
Son univers sonore plonge souvent dans la nostalgie des années 2000. Ses influences ?
« Je suis extrêmement influencée par Michael Jackson et Janet Jackson. J’écoutais aussi beaucoup Paramore en grandissant. J’adore Amy Winehouse pour sa façon d’écrire ses chansons et raconter des histoires. Son journal est là, dans le coin de ma bibliothèque. Mais j’écoute tout : Beach Boys, Beatles… Je digère tout ça et l’intègre dans ma musique. Je suis une historienne de la musique et j’adore collectionner des extraits sonores dans mon cerveau. »
Feline’s Return : un nouveau souffle
Avec Feline’s Return, Natanya explore un personnage plus théâtral, une diva qu’elle n’avait pas toujours la force d’incarner.
« Pour moi, c’est l’occasion de me glisser dans un personnage de diva que je n’ai pas toujours la force d’incarner en tant que Natanya. Et on a pu entrevoir un peu ce côté-là pendant la tournée avec Destin Conrad, mais tout a été stoppé par ce qui s’est passé pendant la tournée : la perte d’un membre de mon équipe, tout le reste, la chute de l’équipe… Je voulais vraiment cultiver un sentiment de régénération et de triomphe en revenant, parce que même quand personne ne suivait mon parcours ou pensait que ça allait marcher, j’ai toujours considéré chaque étape de ma carrière comme un événement majeur. Donc avec Feline’s Return, je voulais que, quand je reviens, tout le monde le ressente et que ma présence soit connue. Et je pense que j’ai réussi.»
L’esthétique de ce projet reflète cette ambition.
« J’ai pleinement incarné une énergie circassienne et ludique, à la manière d’un Joker ou d’Harley Quinn, avec ce personnage de Black Cat. Je me suis inspirée du cirque, du burlesque, du cabaret… tout ce qui représente une performance musicale et théâtrale à la fois espiègle et artistique. »
Entre ses projets, Natanya a appris à se ménager et à profiter du processus créatif. « J’ai compris que je ne pouvais pas tout faire en même temps. Il est crucial de répartir ses aspirations sur toute une carrière. Sinon, on se retrouve submergé. Maintenant, j’apprécie le voyage. » Le perfectionnisme reste un moteur mais aussi un défi : « J’ai ce besoin compulsif de tout faire parfaitement, que ce soit en studio ou pour ma carrière entière. Parfois, je doute d’un mix, mais je me dis : si je ne le publie pas ce mois-ci, je rate le coche. C’est une lutte entre perfectionnisme et nécessité d’avancer, mais ça m’aide aussi. La vie me met parfois des obstacles pour me rappeler de m’écouter et de suivre mon intuition. »
Des histoires derrière les chansons
Chaque morceau raconte un épisode de sa vie. Parasites est née de la frustration après avoir raté une audition importante : « J’avais raté une audition parce que j’étais ivre et que j’avais perdu ma voix. La frustration a trouvé son exutoire au piano et la chanson est née. »
23 évoque une relation amoureuse à 19 ans avec un garçon de 23 ans : « J’ai menti sur mon âge au début et il a mis fin à la relation quand il a su la vérité. J’ai écrit 23 comme une sorte de mock-epic, me moquant de mes différentes versions passées qui essayaient de paraître plus âgées. »
Raining Tomorrow est née en rangeant ses affaires pour l’université, tandis que Guitar raconte une rencontre courte mais marquante dans un pub et un comedy club. Sur Say the Word, Daydream et Movie Star, elle explique : « Say the Word parle de communication dans une relation compliquée. Daydream exprime la nervosité de partager ses sentiments malgré les risques. Movie Star explore la frustration amoureuse tout en affirmant mon indépendance et mon désir de ne pas me laisser piéger. »
Regard vers le futur
Natanya prépare de nouvelles collaborations et une version deluxe de son projet actuel.
« Il y a une collaboration à venir sur l’EP, mais c’est encore un secret. »
« Une partie 2 et une version deluxe de mon projet actuel sont en préparation. »
Elle sera également en concert à Paris pour faire la première partie de la tournée de Mereba le 21 septembre.
« Paris est ma ville préférée en ce moment, et j’adorerais y vivre. Jouer pour les Parisiens sera incroyable. Revenir sera un moment magique. »
Avec un pied dans la nostalgie et l’autre dans une énergie de renouveau, Natanya continue de façonner un univers musical où performance, histoire personnelle et créativité se rencontrent pour offrir à ses auditeurs une expérience à la fois intime et spectaculaire. Comme elle le résume elle-même : « Même quand personne ne suivait mon parcours ou pensait que ça allait marcher, j’ai toujours considéré chaque étape comme un événement majeur. »
Vous pouvez retrouver son nouveau morceau Jezebel ici:



