C’est une affaire, une affaire de famille…. Eh oui, Ärsenik nous avait prévenus, le rap est une affaire de famille. Et certains l’ont très bien compris. Lorsqu’on grandi avec un papa rappeur, il est difficile d’échapper à son destin. Le hip-hop coule dans les veines de certains, comme JMK$, Béné ou encore Stos, qui suivent (à leur manière) les pas des anciens.

JMK$, à l’opposé d’AKH

Jmk$ a construit sa carrière dès 2014, sur la plateforme Soundcloud où il publie son premier titre. Même s’il a toujours baigné dans le rap grâce à son père, Akhenaton du groupe IAM, les deux artistes suivent des voies opposées.

A 17 ans, Jmk$ quitte Marseille et s’installe à Paris, et s’en suivent des voyages à Lyon. Débrouillard et discret, il créé son propre monde avant de montrer que AKH est son père, et fait en sorte de ne pas avoir une étiquette attribuée. Avant ça, il est indispensable pour lui de créer sa propre identité musicale. Il devient alors l’un des piliers de la trap marseillaise, tout ça grâce a sa détermination et son travail.

Proche des collectifs comme Lyonzon, MoneyMakerClan ou le 667, il fait partie de la génération Soundcloud. Grâce à ses nouvelles rencontres, il élargi ses inspirations et apporte une nouvelle vague de fraicheur avec des groupes comme A$ap mob ou Raider Klan.

Son père, Akhenaton, aborde un rap plus classique, politique et conscient. Ce que Jmk$ admire tout de même. Pour lui, tout est une question de maturité et de vécu. Ce qui ne les a pas empêchés de collaborer en 2019, sur l’album Yasuke de IAM, dans le morceau Once upon a Time.

Ce titre a été créé afin d’illustrer la passerelle entre les différentes époques du rap en France. La prod est plus classique lorsqu’ AKH ou Shurik’n posent, mais pour JMK$, le passage est plus trap.

Béné, dans les pas de Demon One

Béné est le fils de Demon One. Dès son plus jeune âge, il suit les traces de son père et se met à rapper. Pour lui, tout est question d’extérioriser, et raconter ce qu’il voit, ce qu’il vit, notamment sa maladie.

Cette fois, le fils hérite du côté Old School. Pourtant, personne ne l’a poussé à rapper. Depuis le collège, il écrit seul et développe ses techniques jusqu’au point de collaborer avec Demon one, sur le titre Fusion. Son talent et ses textes conscients se font vite remarquer. Béné n’est même pas encore majeur, qu’il collabore déjà avec des anciens comme Kerry James ou Alpha 5.20. Il sera même invité lors d’un planète Rap de Booba à seulement 12 ans.

Seth Gueko et Stos, Tel père tel fils

Seth Gueko aussi, a collaboré avec son fils. Cependant, quand il a appris que Stos rappait, son instinct de papa n’était pas pour. « Moi je voulais un peu le tenir à l’écart de ça. Puis même avant de passer le relais j’avais envie de terminer, moi, ce que j’avais à faire dans la musique » explique Seth Gueko.

En 2019, il accorde quand même un feat à son fils après plusieurs demandes. On retrouve donc Stos dans l’album Destroy de Seth Gueko, sur le titre Tel père Tel fils.

Tel père tel fils, c’est aussi le titre de leur EP commun, qui sort cette fois, en 2021. Sur le projet, on voit bien la relève. Du rap sale, agrémenté de punchlines, auxquelles Seth Gueko doit en partie son succès.

Ce dernier avait marqué le rap français, notamment avec son album Barillet Plein, dans une France révoltée contre les violences policières après 2005. Stos, lui, doit sa polyvalence à son âge. Avec les différentes évolutions du rap, il a cette facilité à varier les flows ce qui lui laisse plus de chemins à emprunter. Une belle manière de montrer que le rap ne meurt jamais, il évolue juste.

Inès V