Il y a deux ans, je rencontrais Salya alors qu’elle sortait son premier EP. Depuis, beaucoup de choses ont changé. Elle a quitté son label, trouvé une nouvelle équipe, et surtout, affirmé une direction artistique plus libre, plus brute, plus intense.

Son nouveau single Fun marque le début d’un nouveau chapitre. Entre ironie amoureuse, mélancolie et désir, elle y raconte une relation qui fait mal autant qu’elle attire. Le clip, tourné dans un carrousel, dit déjà beaucoup : une boucle qu’on connaît par cœur, mais dans laquelle on retourne quand même.

Avant la sortie de son premier album prévu pour l’hiver 2025, Salya nous parle de ce tournant, de son processus, et de ce qui l’anime aujourd’hui. Rencontre.

Nous nous sommes rencontrées en 2023, tu sortais ton premier EP. Que s’est-il passé depuis ?

Depuis, j’ai sorti un deuxième EP avec mon label, ensuite s’est posé la question de créer un nouveau projet. J’ai aussi fait une super rencontre avec mon co-producteur Jules Apollinaire qui est londonien, au moment où je commençais à créer les sons nouveaux pour le prochain projet.

J’ai fait pour la première fois des sessions avec d’autres producteurs sur Paname qui se sont toutes très bien passées, mais la manière de produire restait très franco-française, je n’ai pas eu le coup de cœur, je suis donc allée à Londres.

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Qu’est-ce qui a nourri ce changement ?

Je pense que j’avais besoin de laisser une place plus importante à l’organique, avec de vrais instruments. Je trouve que la pop à Paris reste assez classique et lisse. Il y a plein d’artistes qui font des choses géniales mais ce n’était pas nécessairement l’approche que je voulais pour mes prochains projets.

J’ai rencontré mon producteur à Londres et ça a été immédiat, un coup de cœur de dingue, c’est d’ailleurs devenu un de mes meilleurs amis. Un mois après notre rencontre, on part à Los Angeles, on va à Coachella pour voir des artistes que j’aime beaucoup :  Suki Waterhouse, Lana Del Rey, Chappell Roan,… On fait des sessions dans le désert, c’était extraordinaire.

Je suis revenue avec plusieurs sons à Paris pour les présenter à mon label qui les a beaucoup aimés, mais il fallait les franciser et ce n’était pas quelque chose que je voulais faire. Nos chemins se sont donc séparés mais nous sommes restés en très bons termes.

Tu as changé de label. Qu’est-ce que ce changement a concrètement libéré ou transformé dans ta manière de travailler ?

J’ai toujours eu la main sur ma musique parce que j’étais en licence, je n’ai jamais eu le sentiment que je ne pouvais pas faire ce que je voulais. Quand il a fallu dire que je voulais de nouveaux sons sans compromettre ma musique, ils ne m’ont pas empêché de le faire, je suis partie et ça n’a pas été nécessairement libérateur.

Je pense que ce qui a vraiment changé pour moi, c’est de me retrouver toute seule. Quand tu fais partie d’un label, il y a beaucoup de choses que tu ne t’embêtes pas à faire : les contenus, les visuels,… 

Et puis, il y a aussi la gestion de la direction artistique. C’est une erreur que moi j’ai faite et que beaucoup d’artistes font, c’est que quand tu signes, tu penses que le label va faire beaucoup de choses ou va se charger de ta DA, mais elle revient toujours à l’artiste. Dans mon cas, j’ai été très peu renseignée sur ce qui m’attendait. Je ne viens pas de la musique, je n’avais aucune personne dans mon entourage qui pouvait m’expliquer vraiment et je pense que même mes managers ont été challengés là-dessus parce que le monde de la musique bouge à une vitesse dingue.

Personne ne se rend vraiment compte quand tu es extérieur au milieu à quel point ça bouge vite. Aujourd’hui les artistes sont responsables de beaucoup plus de choses. Tu ne dois pas juste créer de la musique, tu dois aussi créer un personnage, la direction artistique, musicale et visuelle. Tu dois faire toi-même tes visuels, tu dois faire tes contenus, tu dois te vendre sur les réseaux,… Dans un sens, tu dois te marketer.

La manière dont se vend et se crée la musique a changé donc tu dois changer aussi pour rester pertinente et fonctionner. Je me suis vraiment rendue compte de ce que ça voulait dire que d’être une artiste, cela m’a responsabilisé et cela demande énormément de travail. Je n’ai jamais autant bossé de ma vie pour très peu de résultat sur le court terme. Il faut penser au long terme également.

C’est drôle parce que je pense que j’avais besoin que ça arrive pour pouvoir comprendre ce que je voulais faire. Quand tu es livrée à toi-même, tu n’as plus le choix que d’y aller.

Tu m’as parlé de la nécessité des artistes à se marketer et de se trouver une DA…

Pour moi ce mot “DA” c’est un truc que je n’aime pas. Je trouve que cela ne veut rien dire, et je pense que beaucoup d’artistes n’aiment pas ce terme non plus. C’est un concept que l’on dit tout le temps “c’est quoi ta DA ?”, “il faut définir ta DA”…

Et  c’est trop drôle, parce qu’on ne peut pas définir qui tu es maintenant pour le reste de tes jours ! Tu changes continuellement surtout dans la musique et je pense que la pire chose qu’on peut demander à un artiste, c’est de se limiter.  

Il faut se limiter pour se “brander”, mais quand je crée c’est quelque chose que je refuse de faire. Je crée quand je suis 100% libre, sinon je pense que cela peut très vite mener à des choses vraiment médiocres. 

Comment la rencontre avec ton producteur Jules Apollinaire a changé ta façon de faire de la musique ? 

J’ai eu beaucoup de chance parce qu’après avoir rencontré mon producteur, il y a beaucoup de choses très cool qui se sont passées. J’ai rencontré Inès qui est  ma photographe et qui m’accompagne sur la partie visuel, c’est aussi devenue une amie. 

C’est tout ce dont je manquais parce qu’à la base je me suis dirigée vers la musique en avec un projet assez très scolaire. Je suis allée chercher un manager, un label, j’ai fait mes sons toute seule, mais je n’avais jamais eu de collaborations musicales.

Je n’avais jamais vraiment pris le temps de tester beaucoup de choses, d’explorer avec d’autres. Maintenant je suis accompagnée sur l’image par Inès et je définis tous les concepts. Je fais du “test and learn”, jusqu’à ce que je trouve mon truc.

Comment as-tu construit le titre “Fun” ?

Je n’ai pas beaucoup d’inventivité, je me base que sur ce qui se passe dans ma vie. J’ai écrit cette chanson quand j’étais en train de reconnecter avec mon tout premier copain, mon grand amour. C’était à un moment où je me sentais assez paumée, je venais de sortir mon deuxième EP, j’avais des attentes du label et je ne me retrouvais pas nécessairement dans ce que je faisais. Je me cherchais musicalement, je me posais beaucoup de questions sur la suite.

Un soir à Paris où j’étais de sortie et où je me suis sentie super seule, j’avais un petit peu bu, j’ai envoyé un message à cet ex, ce qu’il ne faut jamais faire… Il me suivait toujours et il m’envoyait souvent des messages auxquels je ne répondais pas parce que je savais qu’il ne fallait pas nécessairement rouvrir cette porte… Et bien finalement on s’est revu, on ne s’était pas vu depuis pendant sept ans. On a passé une nuit incroyable où on a fait que parler de ce qui s’était passé pendant les sept années. On a commencé à ressortir ensemble pendant trois mois.

J’ai adoré cette période là, ça m’a permis de comprendre beaucoup de choses, de pourquoi ça n’avait pas marché la première fois et de ce que je voulais vraiment dans la vie, des relations et de de ce qui j’étais… Ça a guéri beaucoup de choses.

J’ai commencé à écrire cette chanson pendant qu’on était ensemble, sans savoir vraiment ce que les paroles allaient être. C’était tellement beau et tellement cool et je ne voulais pas me faire d’illusions.

Tu gardes des parties chantées en français dans tes chansons…

Il y en a parfois, mais ce n’est jamais forcé. Ça vient toujours très naturellement maintenant. C’était important pour moi, parce qu’avant, je me forçais vraiment.

Je me disais : “Non, il faut que ce soit en français”, alors que souvent, j’écrivais d’abord en anglais, puis je traduisais. Parce que c’était ce qu’on attendait, ce qu’il fallait faire.

Aujourd’hui, je ne fonctionne plus comme ça et mes chansons s’en portent mieux. Et quand j’utilise le français, c’est parce que ça a vraiment du sens à ce moment-là, parce que j’en ai envie. Ce n’est pas quelque chose que je rejette, au contraire : ça fait partie de moi.

Mais la vérité, c’est que tout ce que j’écoute est en anglais, donc forcément, ce que je crée vient aussi de là.

Pourquoi avoir intégré le français au moment du pont ? 

En fait, j’avais déjà écrit toute la chanson quand je l’ai apportée à Jules. Le pont, on l’a ajouté tout à la fin. Je sais pas, j’entendais l’instru évoluer avec cette grosse guitare qu’il avait posée, et ça m’a frappée à ce moment-là.

Je crois que j’étais en colère, ça venait de se terminer avec mon copain, enfin mon ex. Et c’est sorti comme ça, en français, dans une forme presque parlée. C’était instinctif, brut, sans filtre, et je pense que c’est pour ça que ça sonne juste.

Il n’y a pas eu de réflexion, ça a été très spontané et c’est les moments où je me sens plus libre. Quand je crée, il n’y a plus rien qui existe, je n’existe plus.

Il existe un contraste très fort entre le titre « Fun » et les paroles de ta chanson…

J’adore créer des contrastes. J’aime bien quand les gens s’attendent à un truc léger, coloré, fun… et qu’en fait, ils tombent sur autre chose. C’est exactement ce que j’ai voulu faire avec Fun. Même dans toute la promo, je me suis éclatée à jouer avec ça : les affiches, les visuels, les contenus… J’étais à Los Angeles, il y en avait un peu partout, c’était un vrai délire.

Je poussais le truc à fond avec des slogans très “ever french”, des clins d’œil ironiques, presque absurdes.C’est un ton qui me ressemble : un peu sarcastique, un peu provoc’, mais toujours sincère. Parce que Fun, justement, c’est pas fun. Ou plutôt, c’est toute l’histoire : tu penses que tu t’amuses, mais en fait t’es en plein déni. C’est comme ça que ça commence.

Tu peux me parler un peu de la création du clip, pourquoi avoir choisi un carrousel comme décor ? 

Il y a une métaphore un peu évidente dans le clip, le carrousel. Je pense que tu l’as captée sans que j’aie besoin de trop l’expliquer. C’est pas ultra élaboré, mais je voulais un visuel simple, minimaliste, qui marque. Que les gens puissent se dire : “Ah ouais, c’est le clip avec le carrousel”. Un symbole fort, immédiatement lisible.

Esthétiquement, je suis très influencée par les années 90 et 2000, c’est ce que je regardais petite. Des films comme Cinderella, Notting Hill, ce genre d’univers flou, un peu pastel, un peu bancal. Visuellement, j’aime ce mélange entre le bohème 70s, le rock new-yorkais, quelque chose d’un peu crade, texturé, pas trop lisse.

Je voulais un rendu plus sensoriel que technique. Quitte à ce que l’image soit imparfaite, je voulais qu’elle dégage une sensation, une nostalgie. Parce que le morceau est profondément nostalgique. Il parle de ces moments où tu vis quelque chose tout en sachant déjà que ça va s’effondrer. Tu ressens la fin avant qu’elle n’arrive. Et ce carrousel, c’est exactement ça.

Sept ans plus tard, tu reviens vers une histoire, vers quelqu’un, comme si rien n’avait changé, sauf que tout a changé. Le carrousel, c’est un manège d’enfants. À un moment, il faut descendre. Arrêter de croire au fantasme, sortir de ce cycle, accepter de grandir.

Tu vois les autres avancer, se marier, construire, pendant que toi, t’es encore là à tourner en rond. Et c’est pas une critique de ces choix-là, chacun fait ce qu’il veut, mais t’as ce moment de lucidité : “Moi, je suis encore sur ce putain de manège.” Et pourtant, pendant quelques tours, c’est doux, c’est drôle, c’est presque magique. Mais ça ne dure pas. Et c’est de ça que parle le morceau.

Avec quoi as-tu tourné pour obtenir ce rendu ? 

Justement, je ne voulais pas d’un rendu trop moderne, trop propre, de type iPhone. J’ai toujours préféré les esthétiques vintage, autant dans le son que dans l’image. Ce que j’écoute, ce que je regarde, ce que je crée… tout tire vers ça.

Les sons des années 60, 70, 90… j’adore. En ce moment, les nineties, c’est clairement ma décennie préférée. Il y a pas mal d’artistes qui s’en inspirent aujourd’hui, genre Yungblud, Addison Rae… Ils injectent ces références à la Madonna des débuts, mais avec des prods ultra actuelles. Moi, c’est ce mélange-là que j’aime : quand c’est à la fois moderne et chargé d’histoire.

En fait, j’adore quand c’est cliché, mais assumé. Des trucs hyper référencés visuellement. Tu vois, le clip de “Bittersweet Symphony” ? C’est une claque pour moi. Le gars marche dans la rue, il ne se passe rien, il bouscule les gens, c’est lent… Mais tu ressens un truc immense. Tu as ce sentiment de grandeur dans un truc tout simple. C’est ça que je cherchais.

Et pour aller au bout de cette logique, j’ai filmé avec une vieille caméra vintage, celle que ma mère utilisait quand elle me filmait bébé. Elle a une vingtaine d’années, et elle donne cette texture que je voulais : imparfaite, un peu floue, chargée de souvenirs.

Finalement, j’ai repris plein d’éléments de mon enfance, que ce soit ses goûts à elle en musique, ou cette caméra. Tout était déjà là, quelque part.

Quelle image de la femme amoureuse tu voulais montrer avec cette chanson ? 

Je ne crois pas que je pensais à incarner une image précise de la femme amoureuse dans ce clip. C’était plus une sensation : j’avais envie que ce soit un peu flou, un peu sale, surtout pas trop net, pas trop lisse.

C’est un truc que j’aime profondément dans la musique anglaise. Tu prends les Beatles, par exemple : le son est toujours un peu crade, volontairement sous-mixé. La voix n’est pas mise trop en avant, comme si on n’avait pas voulu finir le morceau, ou comme si on s’en foutait, mais en fait non, c’est hyper rock’n’roll. Et j’adore ça !

En France, on est à l’opposé total. On veut que tout soit clair, bien produit, bien articulé. Le son est clean, efficace. Et c’est normal, parce qu’en français, les mots sont centraux. On veut les entendre, les comprendre.

On a une tradition poétique incroyable, des textes magnifiques, et il y a une forme d’exigence qui va avec. En anglais, tu as parfois moins cette pression. Tu peux te permettre d’être plus flou, plus instinctif. Du coup, moi je navigue entre les deux. 

Je préfère ça. Je veux que les gens ressentent quelque chose. Peu importe ce que c’est. Mais à partir du moment où ils ressentent, c’est que c’est vivant. Et c’est tout ce qui m’importe.

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A quoi peut-on s’attendre pour la suite ? 

Je pense que les gens commencent à se poser des questions, un peu comme “Mais qu’est-ce qu’elle va sortir maintenant ?” Et en vrai, ça me fait plaisir. Parce que ce que je fais aujourd’hui, ce n’est pas une rupture totale, c’est une continuité. Une évolution logique. Mais en même temps, c’est un petit tournant que j’assume à 100 %. C’est plus affirmé, plus libre. Et si je peux surprendre, tant mieux.

Ce qui change vraiment, je crois, c’est que je m’éclate. Je ressens une liberté que je n’avais pas avant, dans les paroles, dans ma voix, dans l’énergie. Avant, je me bridais beaucoup. J’avais grandi dans un environnement très anglo-saxon, ma mère écoutait tout en anglais, les films, les séries, tout venait de là.

Et pourtant, on me répétait souvent que si je voulais réussir en France, il fallait chanter en français, parce que le marché est plus petit, plus accessible. C’est pas faux sur le papier, mais pour moi, c’était un raisonnement de peur. Créer depuis la peur, c’est jamais bon. Créer en français, ça peut être magnifique, à condition que ce soit sincère. Mais moi, je le faisais pour de mauvaises raisons.

Aujourd’hui, j’assume pleinement d’écrire et de chanter en anglais, parce que c’est comme ça que ça sort naturellement. Je n’ai plus besoin de “franciser” mes morceaux. Je commence en anglais, je termine en anglais. Et ma voix, elle peut enfin s’exprimer pleinement.

Je suis chanteuse, j’aime pousser, j’aime le souffle, l’ampleur, et franchement, en français, c’est hyper dur à faire sans que ça devienne gênant. Je l’ai tenté, toute seule dans ma chambre, et à chaque fois je me disais : “Non, c’est pas possible, ça sonne faux.”

Il y a des artistes qui y arrivent très bien, Theodora, par exemple, elle a une vraie voix, elle pousse, et ça reste beau. Mais moi, si je veux donner tout ce que j’ai vocalement, ça ne peut pas passer par le français. Ça me frustre.

Maintenant que je n’ai plus personne pour me dire “fais plutôt ça”, je me sens complètement libre. Je crois que ça s’entend, et c’est ça qui m’importe le plus : que ce soit sincère, vibrant, vivant.

Et d’ailleurs, tu travailles sur un nouveau projet… 

Je suis trop excitée. Ce qu’on prépare là, j’en suis hyper fière. C’est une évolution naturelle, mais on a passé un cap.  Peut-être que certains ne verront pas de différence, mais moi je sais : j’ai grandi. J’ai appris. Je comprends mieux ce que je veux faire, je travaille plus vite, plus juste. Et surtout : je m’éclate ! 

Ce projet, on l’a fait entre nous. Une petite équipe, mais une équipe qui y croit à fond.

Les visuels arrivent, et on a tout fait nous-mêmes. C’est Inès qui shoote, je monte les vidéos, on fait tout maison. C’est artisanal, passionné, libre, et je crois que ça se sent. Visuellement, le désert aura une place centrale. J’y suis allée une première fois, presque par hasard, et quelque chose s’est ouvert. J’y suis retournée plus tard avec Inès, sans vraiment prévoir ce qui allait en sortir. C’est un endroit qui ne ressemble à rien de ce que je connais, et c’est précisément pour ça qu’il m’apaise. Il n’y a presque rien, donc tout peut exister.

Peut-être que c’est lié à mes origines algériennes, je sais pas. Mais là-bas, je me sens chez moi. J’aime l’idée que tu puisses t’y réinventer, recommencer. Que personne ne te connaisse, et ça, pour moi, c’est fondamental. J’ai pas envie d’avoir une seule vie. J’en ai déjà eu trois, et j’en aurai mille. On est en train de sortir peu à peu d’une vision rigide de l’identité, surtout en France.

Longtemps, on m’a dit : “Tu peux pas être avocate et chanteuse.” Un jour, un mec dans un cabinet m’a dit : “Faut que tu retires tes vidéos YouTube.” J’ai répondu : “Non.” Parce que si, en fait. Je peux. On peut.

On a plein de passions, on a le droit d’être pluriel, c’est essentiel, parce que quand une chose va mal, il faut qu’il y ait autre chose qui éclaire.

Bon, après, je dis ça… mais aujourd’hui, ma vie, c’est 99 % de musique. Je suis encore en train d’apprendre à équilibrer tout ça. Mais au moins maintenant, je suis là où je veux être. Et je suis libre.

J’ai décidé de quitter ma vie très rangée, rassurante, que j’appréciais et dans laquelle je trouvais plein d’avantages. Mais ce n’était pas ma vérité intérieure, ce n’était pas ce que je voulais faire. Depuis, j’avance, je suis libre et j’embrasse pleinement cette vie d’artiste.

J’espère que cela peut donner aux autres l’envie d’embrasser leurs rêves, peu importe à quel point c’est fou ! Tu ne te casses jamais la gueule en poursuivant tes rêves, si tu y vas à fond, c’est déjà un milliard fois plus impressionnant et courageux que de rester chez toi à te demander “j’y vais ? j’y vais pas ?”, fonce ! 

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