Universal passe à l’offensive
Universal Music Group sort l’artillerie lourde contre DistroKid. Dans une plainte de 52 pages déposée mi-septembre aux États-Unis, la major accuse en effet le distributeur indépendant de « pratiques commerciales trompeuses » et de violations massives du droit d’auteur, selon Music Business Worldwide.
Surtout, UMG reproche à DistroKid d’inonder les plateformes de streaming de « slop », ces morceaux générés à la chaîne par intelligence artificielle. Sur le plan juridique, la plainte repose ainsi sur deux piliers : quatre chefs de contrefaçon, pour des titres qui copieraient des enregistrements du catalogue Universal, et un chef fondé sur la loi du Delaware contre les pratiques commerciales trompeuses.
Des chiffres qui donnent le vertige
Le document avance des données impressionnantes. En six mois, DistroKid aurait livré près de 12 millions de morceaux à un seul grand service de streaming, dont le nom n’est pas cité. C’est davantage que tous les autres distributeurs réunis, et plus de la moitié de tout ce que la plateforme a intégré sur la période.
Afin d’illustrer le problème, UMG cite un « artiste » baptisé Lofi Chill. D’après la plainte, ce compte aurait publié 4 562 titres uniques en douze mois, soit environ 380 par mois. Le raisonnement de la major tient donc en une phrase : aucun humain ne produit à ce rythme.
Des stars citées et une base anti-fraude en question
Par ailleurs, Universal liste 1 000 enregistrements qu’auraient contrefaits des clients de DistroKid. Parmi eux figurent des titres de Billie Eilish, Lady Gaga, Kendrick Lamar ou encore The Weeknd.
Autre point sensible : DistroKid compte parmi les membres fondateurs de la Music Fights Fraud Alliance, qui partage une base de données sur la fraude. Or, un distributeur concurrent y avait signalé 196 morceaux d’un « artiste » banni pour fraude au streaming. Malgré cela, DistroKid aurait tout de même distribué cette musique, avec les mêmes codes ISRC, selon UMG.
Une industrie en pleine chasse au faux stream
Attention, il s’agit à ce stade d’accusations, que la justice américaine devra examiner. Reste que l’affaire tombe au moment où toute l’industrie cherche à assainir ses catalogues.
Au même moment, le distributeur canadien LANDR affirme que les streams artificiels signalés par Spotify sur sa musique ont chuté de 95 % entre le premier trimestre 2025 et le deuxième trimestre 2026. Selon lui, ce recul s’explique par un outil de détection conçu avec le laboratoire d’IA Mila.
Pour les artistes indépendants qui passent par ces services, l’enjeu est concret : moins de bruit sur les plateformes, c’est plus de place pour la vraie musique. Envie de creuser le sujet de l’IA dans l’industrie ? Relis notre article sur les poursuites contre Suno.




