Il vient de sortir son nouvel album « La Vie de Roni ». Plus d’un an après avoir représenté fièrement son arrondissement dans son projet « 15 », sur lequel on retrouvait notamment Nekfeu sur le titre « Bussdown », AMK nous a offert cette interview, pleine d’amitié et retraçant son parcours.

AMK comment tu vas ?

Ça va et toi mon frère ?

Je vais très bien. Ça dit quoi depuis « Philip Plein » ?

WOW ! Oulah il s’en est passé des choses depuis « Philip Plein ». C’était en 2016 il y a tellement de choses qui se sont passées depuis, il y a eu la période avant les projets, il y a eu énormément de boulot depuis.

Entre ce morceau en 2016 jusqu’à 2019, t’as fait une pause. Qu’est-ce qui s’était passé ?

Théoriquement, j’ai pas commencé en 2016, j’ai des sons qui datent de plus longtemps. Mon premier clip date de 2014 c’était « Juste besoin », à cette époque je m’appelais Amoko, pas AMK. Mais c’était pas aussi sérieux, « Philip Plein » c’est le premier morceau qui a commencé à se faire remarquer. Mais jusqu’en 2019 ça manquait de sérieux ce que je faisais.

Je t’avais déjà interviewé à l’époque de la sortie de ta mixtape « 15 », qu’est-ce qui a changé depuis ?

Depuis il y a eu beaucoup d’ouverture d’esprit, de nouvelles sonorités, j’ai beaucoup voyagé. C’est quelque chose que je ne faisais pas avant mais c’est le point marquant de la différence avec ce que je fais aujourd’hui. Dans « 15 » j’étais centré sur moi-même et sur mon arrondissement, sur mes gens ; « La Vie de Roni » ça parle davantage de voyages, etc.

Justement dans cet album, on a la suite du single « Malya », c’est un morceau que j’ai saigné à la sortie de « 15 » et que j’écoute toujours fréquemment d’ailleurs. Je ne la pensais pas comme ça Malya !

On vient de se faire attaquer par un frelon asiatique en pleine interview, c’est du jamais vu !
Tu parlais de son comportement ? Tu connais, il faut laisser part à la fiction aussi mais c’ets inspiré de faits réels ! (rires) Et puis la partie 2 s’est faite instinctivement, je pense que c’était important d’en faire une mais ce n’était pas prévu à l’époque de « 15 ». 

Tu personnifies la rue dans le morceau « Ruepture », parle-moi de ce son.

Tu sais, j’ai grandi en écoutant des morceaux similaires : Keny Arkana avec « La mère des enfants perdus ». Nakk Mendosa avec « Mon ex ». Plus récemment il y a Ninho avec « Elle m’a eu ». J’ai toujours aimé ce genre de sons, sur le projet il y en avait pas mal qui parlaient de mes relations avec la gente féminine. Quand j’ai entendu l’instru de « Ruepture », j’ai compris qu’il fallait que je parle de quelque chose d’encore plus profond. Inconsciemment j’ai toujours voulu faire ce son et puis il a bien été compris par le public alors je suis content. 

Il n’y a pas de featurings sur cet album, pourquoi ce choix ?

Je voulais me challenger. Et puis j’avais envie de savoir si on m’écoutait pour ce que je fais ou pour les noms qui m’entourent.

Dans le morceau « Bombarder » tu dis : « Ou bien la côte ou bien la Malaise, et puis de toute façon y’a plus rien ici » tu te vois partir vivre à l’étranger ?

Ça me parle oui, j’ai envie de voir ce qui se passe ailleurs. Après je suis grave attaché à chez moi donc ça pourrait être dur mais ça m’intéresse vraiment de voir comment je pourrais m’adapter ailleurs.

Justement, tu voyages beaucoup depuis quelques temps. En général c’est vraiment pour faire une coupure avec le travail ou au contraire c’est pour trouver de l’inspiration, etc.

Je pense que tout est lié, j’ai la chance de faire un métier dans lequel je peux lier l’utile à l’agréable donc quand je voyage c’est pas pour me couper totalement, il y a toujours des expériences à vivre. Dans tous les cas, quand je voyage je vis des expériences que je peux retranscrire plus tard dans des sons. T’es en constante création, c’est de l’art et ça ne s’arrête jamais.

T’as une anecdote d’un de ces voyages à me raconter ?

Je suis arrivé au Mexique lors d’un tremblement de terre avec une magnitude de ouf, qui était déjà arrivé l’année dernière à la même date et la même heure. Heureusement, on était partis dans un village plus loin qui s’appelle Tequesquitengo et quand on est revenus, j’ai vu l’apocalypse. C’était n’importe quoi j’ai paniqué et tout. Mes parents ils m’appelaient et sur le chemin j’avais plus de réseau donc ils s’inquiétaient. C’était flippant de ouf.

T’as fait du basket avant de te mettre sérieusement au rap. T’es allé jusqu’où ?

J’étais en sélection des 10 meilleurs joueurs d’Île de France au niveau Minimes et je me suis arrêté après avoir été envoyé par mes parents au Sénégal. Là-bas je me suis cassé les deux bras, j’étais pas non plus l’un des plus motivés de l’équipe donc ça m’a mis un coup, et quand je suis revenu t’as eu la « Ruepture » et toutes ces conneries.

La pratique du basket t’as aidé dans ce que tu fais aujourd’hui ?

Ouais ça m’aide dans ma compréhension de l’humain. Hier j’ai regardé un boxeur qui s’appelle Lomachenko qui faisait de la danse avant la boxe, donc ce qu’il a appris dans cette première pratique il l’a retranscrit dans la boxe.

C’est pour quand le feat avec Ninho ?

Quand il sera prêt comme il a dit ! (rires) Non plus sérieusement, c’est un gars que je suis depuis le début, j’ai suivi sa carrière comme si c’était celle d’un pote à moi. On a le même âge, c’est moi qui l’ai ramené dans mon quartier et qui l’a fait écouter à tout le monde. Un jour si Dieu veut !

D’autres artistes français avec qui tu aimerais collaborer ?

J’aimerais beaucoup travailler avec Kalash, j’aime beaucoup sa musicalité et ses mélodies notamment.  

AMK c’est quoi la suite après La Vie de Roni ?

On peut pas trop parler, mais la vraie suite c’est La Boule Noire le 14 octobre. C’est mon premier concert officiel donc venez nombreux !
La suite après ça sera le retour au charbon…

Choppe ta place pour La Boule Noire d’AMK le 14 Octobre 2023: https://laboule-noire.fr/fr/programmation/907