On a passé un moment avec Allebou, nous avons parlé musique, ses sources inspirantes, trajectoire de vie et quête de soi. Retranscription de notre échange avec cet hybride hip-hop mais surtout avec un super humain.

Salut Allebou comment vas-tu? Peux-tu te présenter en quelques lignes pour les personnes qui ne te connaissent pas s’il te plait?

Je vais très bien et toi? Je me présente Allebou je suis un rappeur, auteur-compositeur-interprète de 23 ans j’ai déjà sortie un EP ainsi que deux mixtapes dont Bunraku qui fête sa sortie aujourd’hui. (Sortie le 2 juin 2023)

La première question que je vais te poser n’est autre que celle-ci «Casablanca- Agadir» qu’est ce qu’il te vient à l’esprit?

(Rires) Ce qu’il me vient à l’esprit c’est le tout premier texte de rap que j’ai écris lors de ce trajet en compagnie de mon frère, j’avais 13 ans à cette période.

Allebou

Du Planète Rap de Maes à Bunraku tu as emmagasiné énormément de maturité dans tes lyrics, à quoi est du ce changement ?

ALlebou

Je pense que c’est tout d’abord du à l’âge, acquérir de l’expérience, se professionnaliser, prendre conscience car auparavant j’étais inconscient, c’est du à une certaine insouciance. J’avais besoin de voir comment l’industrie musicale fonctionne, cette insouciance s’est évaporée, j’ai vécu, j’ai pu écrire de nouveaux sons, et j’ai pris de l’âge (rires).

https://www.youtube.com/watch?v=FZVXk9-i9do

On est là pour fêter la sortie de ta nouvelle mixtape qui s’intitule Bunraku, elle y comporte 13 titres dont deux featuring avec Susanoô peux-tu nous donner la raison pour laquelle tu as décidé d’inclure deux featurings dans ce projet?

Susanoô c’est avant tout un ami pour moi c’est celui avec qui j’ai le plus bossé il est compositeur-interprète il est souvent avec moi que ce soit avec la casquette de compositeur ou interprète dans l’EP précédent (« Esquisse »), il y’avait aussi deux featuring sur celui-ci, il y’en a encore deux et sur celui d’après il y’aura encore deux collaborations et bientôt le projet commun (rires).

Dans Bunraku tu abordes différents thèmes dont la responsabilité de la vie adulte, ainsi que les ruptures amoureuses. Est-ce des choses qui t’affectent au quotidien?

Je pense premièrement que les ruptures amoureuses sont universelles, ça touche énormément de personnes. On a beau vouloir se cacher, on a tous besoin d’amour, d’affection peut importe la manière dont c’est représenté, c’est pas forcément une relation amoureuse à proprement parler. Cela peut être une relation amicale, mais les ruptures quels soient amicales ou fraternelles ne laissent pas indifférent, pour moi la meilleure manière pour faire le deuil de certaines ruptures c’est d’écrire des textes.

En début de mixtape tu cites : « Je ne peux rien dire d’original qu’un autre rappeur n’ait jamais dit si c’est vrai je peux te le dire mieux » dissimule tu cet hommage pour Youssoupha?

Oui Carrément ! Pour la petite anecdote, ce morceau je l’ai interprété devant lui cet été à Perpignan à un festival en commun et aux balances lui ai dis « viens à 21h lors de mon passage je vais faire un remix de ton son clash (rires) » et oui ce petit clin d’oeil était bien pour lui.

A-t-il une place majeure dans tes sources d’inspirations musicales?

Bien évidemment il fait partie indiscutablement de mon top 3 et il est pas troisième (rires).

Qui sont les deux autres rappeurs qui complètent ton top 3?

Les deux autres rappeurs que j’inclus sont Dinos et Kery James, pour le classement du podium c’est compliqué parce que ça a varié avec les époques quand j’étais plus jeune c’était Kery James qui prenait le dessus sur les deux autres et quand j’ai grandi c’était plus Dinos.

Depuis le début de l’année civile, tu as dévoilé un nouveau titre de ton projet chaque deux semaines, peux-tu nous donner la raison de ce choix là ?

C’est juste du point de vue de l’artiste ça fait mal de sortir un projet et qu’il ne vive pas comme tu l’espères du coup «je voulais ralentir un petit peu la cadence et à l’heure du fast-food donner du gourmet» . On s’est dit pourquoi pas chaque deux semaines dévoiler un morceau pour laisser le public digérer, mais l’idée initiale était de ne pas livrer le projet d’un coup malgré qu’il était prêt.

Sur les 13 titres tu as fait le choix de mettre en image trois d’entre eux « Quidam » « Oui mais » et « Constance », pourquoi ces trois titres et pas d’autres ?

Pourquoi ces trois là parce que c’est mon top 3 en vrai (rires).

Pour ma part mon son préféré de Bunraku c’est « en vie », j’aimerais savoir comment ce titre a été conçu ?

Ça fait plaisir ! Tout d’abord, il a été créé il y’a deux ans avec Susanoô et Zon. Ils ont façonné la prod ensemble, c’était la première fois qu’ils collaboraient ensemble, du coup je suis en studio, j’écris, top line, refrain on a tout enregistrer dans de sales conditions. Un an et demi après l’enregistrement avant de l’inclure dans Bunraku, l’ingénieur son m’a conseillé de l’enregistrer à nouveau car le son n’était pas de qualité et c’était le premier son mixé du projet, on s’est énormément pris la tête, on a carrément fais une nouvelle école d’ingénieur son (rires) on a fait appel a 8 ingés différents et on leur a laissés carte blanche.

Dans « Prélude » il y’a une phrase qui m’a mis la puce à l’oreille c’est « je me trouve esquisse de mon caractère maintenant j’en assume les traits » quel est le sens de cette phrase?

Quand je dis cette phrase c’était plus dans un délire d’auto-critique ou j’assume qui je suis, là ou dans mon précédent EP je me recherchais énormément j’essayais de voir ce que j’aimais, qui j’étais, etc.

Est-ce une fierté pour toi d’avoir initié la Ginga Party dans ta ville (Le Mans) avec comme invité SDM, Mehdi Maïzi, etc. ?

Oui c’était une énorme fierté d’avoir initié ça avec mon label Ginga music le jour de mon anniversaire en plus ! J’ai décidé de toute la programmation avec Mehdi Maïzi, SDM comme guest je me suis mis dessus pour fêter la sortie du projet, il y’avait également Jey Brownie c’était mon coup de coeur quand on a fait la programmation et une douzaine d’artistes de la ville pour mettre en lumière tout le monde. C’était incroyable de voir qu’il y’avait 700 personnes qui étaient présentes c’était pour moi le premier gros concert dans ma ville, il y’avait tous mes soldats qui étaient là et c’était un fuego pas possible.

Allebou en live

Quel est la suite après Bunraku?

La suite c’est un EP qui s’appellera « Humeur’s« , j’espère qu’il verra le jour en septembre. Ce sera un EP de 5 titres dont deux titres avec Susanoô et voilà.

Est-ce que cet EP fait référence à ton premier titre sur Youtube « Pas d’humeur » ?

T’es chaud (rires) ! Il fait pas référence à ça mais du coup en le faisant je me suis dit « ah ouais incroyable ça peut faire une petite réponse en fin compte » mais je l’ai pas travaillé de tel sorte à ce que ce soit une petite réponse à « Pas d’humeur ».

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour le succès de Bunraku?

Juste qu’il vieillise bien, qu’il vive bien et que ce ne soit pas un projet fast-food qu’on oublie dans deux semaines, je veux qu’il perdure dans le temps.

✍️ Journaliste : Ghawssou Sakera